La Langue Turque
La langue turque appartient à la famille des langues ouralo-altaïques, tout
comme le japonais et le hongrois.Depuis 1928, On écrit en Turquie à l'aide
de l'alphabet latin. Cette réforme est due à l'initiative de Mustafa Kemal
Atatürk.60 millions de personnes parlent le turc, mais en fait, 120 millions
d'êtres humains parlent une langue turque ou dérivée du turc, ce qui la
place au 11 ème rang mondial.
Alphabet et
Phonétique
Le turc est une langue très musicale à l'oreille car il suit la règle de
l'harmonie vocalique basée sur la distinction de 2 groupes de voyelles : a,
i ( sans point ) , o, u et e, i ( avec point ), ö, ü.
Ces deux groupes ne doivent pas se mélanger dans un même mot.
Les suffixes s'accolent en fonction du groupe auquel appartient la dernière
voyelle du radical, exception faite pour les mots d'origine étrangère.
Simple non ?
L'alphabet turc se compose de 29 lettres: 21 consonnes et 8 voyelles.
( a b c ç d e f g ğ h ı i j k l m n o ö p r s ş t u ü v y z)
1 bir
20 yirmi
2 iki
30 otuz
3 üç
40 kırk
4 dört
50 elli
5 beş
60 altmış
6 alti
70 yetmiş
7 yedi
80 seksen
8 sekiz
90 doksan
9 dokuz
100 yüz
10 on
1000 bin
EXEMPLES DES CONTES
Le
Lion,
Le
Loup
et
Le
Renard
Un lion, un loup et un renard furent amis un certain temps. Pris de faim,
ils s’en allèrent chasser. A la fin de la chasse, ils avaient tué un bœuf,
un mouton et un lapin. Réunissant leurs proies, le lion dit en s’adressant
au loup :
-Fais-donc le partage pour que nous ayons nos parts.
Le loup :
-Le bœuf vous appartient. Le mouton est à moi et le lapin au renard.
Le lion se mit en colère et, le griffant de sa patte, il l’envoya dans le
précipice. Et se retournant vers le renard il dit :
-Fais-donc toi maintenant le partage
Le renard rusé ne tarda pas à répondre :
-Le bœuf est votre repas du soir, le mouton celui de midi, et le lapin votre
petit déjeuner.
Le lion rit et demanda au renard où il avait pris cette idée.
Le renard :
De notre ami qui est tombé dans le précipice…
Le
Sel
Précieux
Il était une fois un padischah et ses trois filles. Un jour, le padischah
réunit ses filles près de lui et leur demanda combien elles l’aimaient ?
L’aînée lui dit « autant que la grandeur du monde », la moyenne : « autant
que mes bras », et la cadette « autant que le sel. »
Le padischah se mit en colère suite à la réponse de sa fille cadette et lui
dit : « Est-ce qu’un homme peut être aimé comme du sel ». Le padischah livra
sa fille au bourreau. Celui-ci emmena la fille dans la montagne. La fille
supplia le bourreau en lui disant que lui aussi était père.
Le bourreau ne put résister aux supplications de la jeune fille. Il tua à la
place une bête et tachant la blouse de la jeune fille avec le sang de la
bête, il l’apporta au Padischah.
La jeune fille se mit en route. Elle arriva dans un village. Elle devint
l’esclave de l’un des hommes riches du village et devint une jolie fille en
grandissant. Sa beauté se transmit de bouche en bouche et le destin fit
qu’elle se maria avec le fils d’un autre Padischah.
Elle expliqua un jour à son mari ce qui lui était arrivé et proposa
d’inviter son père à manger. Son mari accepta. Les préparatifs furent faits
et son père fut invité.
Le padischah arriva avec ses dignitaires et tous se mirent à table. Les mets
se succédaient. La jeune femme avait prié le cuisinier de préparer les mets
sans sel. Le padischah, qui essayait de goûter tous les plats, retirait à
chaque fois tout de suite sa cuillère de la bouche. Il ne put manger aucun
mets.
A ce moment, la jeune femme se leva soudainement de table et dit : « Mon
Padischah, d’après ce que j’ai entendu, tu aurais fait tuer ta fille parce
qu’elle ne t’aimait comme elle aimait le sel. Ne donnant même pas l’occasion
au Padischah de s’expliquer, elle ajouta: « Cette petite fille, c’est moi.
J’ai fait cuire tous les plats sans sel, pour que tu puisses comprendre ma
valeur. »
Ayant honte de ce qu’il avait fait, le Padischah pris sa fille dans ses bras
et comprit combien le sel était précieux. Des jours nouveaux commençèrent.
Tout est bien qui finit bien.
NASRETTIN
HOCA:
Le précurseur de la satire populaire turque

Impossible d'évoquer l'humour turc sans parler de Nasreddin Hodja (Hoca en
turc), personnage haut en couleurs.Nasrettin Hoca est un maitre d'humour
pleine de sagesse dont les dates de naissance et de mort n'ont pas pu être
exactement déterminées. Il est la personnification de la conception du monde
et de la vie typiquement turque, pleine d'intelligence et d'esprit, qui
incite à réfléchir tout en faisant rire.
On dit qu'il est né en 1208 dans le village qui porte maintenant son nom,
proche de la ville d'Eskisehir. Son père était l'imam dans la mosquée du
village et sa mère s'appelait Sidika. Nasrettin Hoca qui est mondialement
connu par ses anecdotes qui sont véhiculées dans tous les pays, s'est acquis
une figure de sage légendaire. Chacune de ses anecdotes fait rire en même
temps qu'elle invite à réfléchir.

La
raison
du plus
fort
Un jour, Nasredine Hodja eut besoin de traverser la Mer de Marmara. Il prit
donc le bateau, mais juste au milieu de la traversée, une grande tempête se
leva et le bateau commença à couler. Tous les passagers et les membres
d'équipage se mirent à écoper pour essayer de maintenir le bateau à flots.
Cependant, parmi la foule, il se trouva un homme qui, à la consternation
générale, prenait l'eau dans la mer pour la jeter dans le bateau :
l'inévitable Nasredine Hodja. Le capitaine se précipita vers lui en
l'injuriant, en l'accusant de vouloir tous les tuer, mais Nasredine ne se
départit pas de son calme. Il expliqua au capitaine qu'il se contentait de
suivre le conseil que sa mère lui répétait tout le temps : toujours se
mettre du côté du plus fort...
Les
perles
bleues
Un jour, Nasredine Hodja acheta deux perles bleues à un marchand. Le soir,
il en donna une à sa première épouse en lui conseillant de ne surtout pas
parler de ce cadeau à sa deuxième femme. Et le lendemain, il donna la perle
restante à cette deuxième épouse en lui recommandant de ne rien en dire à la
première. Quelques jours plus tard, après une dispute qui avait éclaté entre
les deux femmes, elles vinrent voir leur époux et lui demandèrent laquelle
il préférait. Avec un large sourire, il répondit que sa préférée était celle
qui possédait la perle bleue...
Nourrir
son
manteau
Un jour, Nasredine Hodja fit convié à une grande réception. Mais pendant la
fête personne ne fit attention à lui, c'est à peine si on lui adressa la
parole. Vexé, Nasredine rentra chez lui et revint à la fête vêtu de son plus
beau manteau. Et là, comme par miracle, il devint une des attractions de la
soirée.
Quand vint le moment de se mettre à table, les convives eurent la surprise
de voir Nasredine qui trempait la manche de son manteau dans la soupe.
- Mais pourquoi fais-tu cela ? lui demandèrent-ils ?
- C'est pourtant simple : puisque c'est mon manteau que vous avez si bien
accueilli, il est normal que ce soit lui qui mange !
La
marmite
Un jour, Nasredine Hodja demanda à son voisin de lui prêter une marmite.
Bien qu'un peu méfiant, le voisin accéda à sa demande. Et à sa grande
surprise, Nasredine lui rendit sa marmite dès le lendemain, avec en plus une
autre petite marmite posée à l'intérieur de la première.
- Mais quelle est donc cette seconde marmite ? demanda le voisin.
- Eh bien durant la nuit, il se trouve que ta marmite a accouché ! Comme il
me semble logique que son enfant t'appartienne aussi, je te l'amène.
L'homme, se disant que pour une fois la folie de Nasredine tournait en sa
faveur, ne répondit rien et prit les deux marmites. Et lorsque, quelques
jours plus tard, Nasredine revint frapper à sa porte pour lui demander le
même service, il s'empressa de lui fournir sa plus belle marmite en espérant
avoir encore une bonne surprise. Mais là, au contraire, il attendit des
jours et des jours sans voir revenir son fameux voisin. N'y tenant plus, il
se rendit chez Nasredine pour réclamer des explications.
- Ah c'est terrible, dit Nasredine d'un air contrit, il faut que je te
l'avoue: ta marmite est morte.
- Mais que me dis-tu ? Une marmite ne peut pas mourir !
- Enfin voyons, tu étais prêt à croire qu'une marmite pouvait accoucher,
aujourd'hui tu devrais bien croire qu'elle peut mourir.
Le voisin ne trouva rien à répondre, rentra chez lui, et Nasredine garda la
belle marmite.
Ecrire
et Marcher
- Nasreddin , j'ai une lettre importante à envoyer à Istanbul.
- Tu sais bien que je n'ai pas été à l'école : veux-tu me l'écrire ?
- Excuse-moi, répond Nasreddin, j'ai mal aux pieds.
- Tu te sers de tes pieds pour écrire ?
- Non, avec les pieds, je marche, mais j'écris tellement mal qu'il faut que
j'aille moi-même auprès du destinataire pour lui lire ma lettre.
Grave
question !
Les anciens du village essayèrent, un jour, de résoudre une question
sérieuse : si le fleuve prenait feu, où donc les poissons pourraient-ils
s'enfuir ?
Après de longues délibérations, n'ayant pas trouvé de solution, ils allèrent
consulter Nasreddin. Celuici, après les avoir écoutés, s'écria :
- Pourquoi vous inquiétez-vous ? Si vraiment le fleuve prenait feu, les
poissons pourraient grimper dans les arbres.
Trop
de monde !
Nasreddin Hodja s'était remarié avec une veuve. Dès le premier jour,
celle-ci avait coinmencé à lui vanter les mérites de son premier mari et,
jour et nuit, ellè n'arrêtait pas de parler de lui. Alors, Nasreddin, agacé,
se mit à vanter les mérites de sa première femme.
Une nuit, alors que sa femme parlait une fois de plus de son premier mari,
Nassreddin la poussa hors du lit.
Fâchée, celle-ci lui dit :
- Pourquoi tu m'as fait tomber du lit ?
-Toi et ton mari, moi et ma femme, ça fait trop de monde dans un lit si
petit !
Au
jardin potager
Un jour d'été, Nasreddin était étendu sous un gros noyer. Il regardait, à
côté de son jardin, un champ de pastèques. Il pensa :
- Comme c'est curieux, ces énormes pastèques poussent dans l'herbe alors que
mon gros noyer produit des fruits minuscules.
A ce moment-là, une noix se détacha de l'arbre et lui tomba sur la tête. Il
leva les yeux au ciel et en se frottant le crâne, il dit :
- Pardonne-moi, Dieu, je ne me mêlerai plus de tes affaires. Heureusement
que les pastèques ne poussent pas sur cet arbre !
Sur
l'âne
Un jour, des gens du village virent Nasreddin, assis sur son âne et qui
portait lui-même sur son dos un gros sac très lourd.
- Pourquoi portes-tu le sac sur ton dos ? Pose-le donc sur l'âne,à côté de
toi !
- Eh, que voulez-vous, mon pauvre âne est déjà obligé de supporter tout mon
poids, je ne veux pas lui ajouter encore le poids de ce sac.
Plaire à tout le monde
Un jour, Nasredine Hodja marchait tranquillement avec, à côté de lui, son
fils monté sur l'âne. Deux hommes passèrent à ce moment.
- Non mais regardez ça, dit l'un d'eux, voyez comment on éduque les enfants
de nos jours : le jeune profite de l'âne alors que le vieil homme s'épuise à
marcher !
Ayant entendu cela, Nasredine et son fils échangèrent leurs places. Quelques
minutes plus tard, ils croisèrent à nouveau deux passants.
- Quelle honte, dit l'un d'eux, ce père indigne est tranquillement sur son
âne alors que son pauvre fils est obligé de marcher à grands pas pour rester
à sa hauteur !
Nasredine et son fils décidèrent alors de s'installer tous les deux sur
l'âne. Un groupe de trois femmes ne tarda pas à croiser leur route.
- C'est terrible, dit l'une d'elles, cette bête va bientôt mourir sous le
poids de ces deux fous !
Cette fois, Nasredine et son fils se mirent à marcher tous les deux à côté
de l'âne.
- Idiots ! s'exclama un autre passant. Pourquoi marchez-vous sous cette
chaleur alors que vous avez votre âne pour vous porter ?
Ne sachant plus que faire, le père et le fils rentrèrent chez eux.
- Tu vois, dit Nasredine à son fils, n'hésite pas à agir comme tu l'entends,
puisque de toute façon tu ne réussiras jamais à plaire à tout le monde !
La
lettre
Un habitant du village a reçu une lettre, mais comme il ne sait pas lire, il
demande à Nasredine Hodja de la lire à sa place. Nasredine doit lui avouer
qu'il ne sait pas lire non plus, mais l'homme ne veut pas croire que
quelqu'un de si bien habillé, avec un si beau turban, ne sache pas lire.
Nasredine s'énerve, ôte son turban et le plante sur le crâne de l'homme en
lui disant que si c'est l'habit qui fait tout, alors maintenant il peut lire
sa lettre lui-même !
Se
lever tôt
Un jour, un ami de Nasredine Hodja essaya de le persuader que le monde
appartenait à ceux qui se levaient tôt. Et pour le convaincre, il lui
raconta comment, le matin même, il avait trouvé une pièce d'or sur la route.
- Tu vois, lui dit-il, si je n'avais pas été celui qui s'était levé le plus
tôt, c'est quelqu'un d'autre qui aurait profité de l'aubaine !
- Mais enfin, répondit Nasredine, ne comprends-tu pas que cette pièce a été
perdue par quelqu'un qui s'est levé encore plus tôt que toi ?
La menace
Un jour, l'âne de Nasredine Hodja fut dérobé. On vit alors notre homme se
planter au beau milieu de la place du village en déclarant que si on ne lui
rendait pas la bête, il serait obligé de faire ce que son père avait fait
dans la même situation !
Les villageois commencèrent à discuter entre eux, mais personne ne se
souvenait de ce qu'avait fait le père de Nasredine quand on lui avait volé
son âne. Craignant le pire, ils se mirent tous à la recherche de l'âne, et
trois jours plus tard on retrouva les voleurs et on put rendre son âne à
Nasredine. Il y eut quand même un homme, plus courageux ou plus curieux que
les autres, pour lui demander quelle avait été la réaction de son père.
- Eh bien c'est pourtant simple, répondit Nasredine. Il en avait simplement
acheté un autre !
Le bruit et l'odeur
Un jour, un pauvre qui n'avait qu'un morceau de pain à manger le passa
au-dessus d'une viande en train de cuire pour en capter le fumet. Le
marchand qui faisait cuire la viande réclama un dinar au mendiant comme prix
de l'odeur, mais celui-ci refusa. Les deux hommes allèrent voir Nasredine
Hodja pour les départager.
Nasredine écouta attentivement les arguments, puis il sortit une pièce de un
dinar de sa poche et la laissa tomber.
- Marchand, dit-il, as-tu entendu le bruit de cette pièce tombant à terre ?
- Oui, bien sûr.
- Eh bien considère que ce bruit de cette pièce est le paiement de l'odeur
de ta viande.
La parole donnée
Un jour, le voisin de Nasredine Hodja lui demanda de lui prêter son âne.
Nasredine répondit que la bête n'était pas là parce qu'il l'avait déjà
prêtée à quelqu'un d'autre, mais à cet instant précis on entendit l'âne
braire dans l'écurie.
- Tu te moques de moi, dit le voisin, ton âne est là : je l'entends !
- Très cher voisin, tu me déçois... Tu crois donc la parole de mon âne plus
que la mienne ?
La
chute
Un jour, le voisin de Nasredine Hodja se précipita chez lui en demandant
quel était ce terrible bruit qu'il venait d'entendre.
- Ce n'est pas grave, dit Nasredine, c'est juste ma femme qui a jeté ma
tunique dans l'escalier.
- Et ça a fait un bruit pareil ?
- Oui... J'étais dedans.
EXEMPLES DES POEMES
L'AMOUR
ET LA COMETE